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Peut-on financer un matériel avec des fonds propres négatifs ?

26.02.2026

Avoir des fonds propres négatifs constitue un signal d’alerte pour les banques traditionnelles. Pour autant, cela ne rend pas impossible le financement d’un matériel professionnel.

La réalité est plus technique.

En location financière, l’analyse ne repose pas uniquement sur la solidité du bilan. Elle repose sur deux piliers : la valeur de l’actif financé et la capacité réelle de l’entreprise à générer de la marge grâce à cet actif.

La question n’est donc pas seulement comptable.
Elle est économique.

1. Le premier filtre : la valeur et la liquidité du matériel


Lorsqu’une entreprise présente des fonds propres négatifs, le financeur commence par analyser le matériel lui-même.

Il se pose une question simple :
“si le contrat s’arrête prématurément, le bien est-il facilement récupérable et revendable ?”

Les acteurs de la location financière sont des financeurs d’actifs. Ils connaissent précisément :

  • la valeur de marché des équipements
  • leur décote dans le temps
  • la profondeur du marché secondaire
  • les réseaux de revente spécialisés

Un engin de BTP standardisé, un utilitaire courant ou un matériel agricole diffus se revendent rapidement. Le risque est maîtrisable.

À l’inverse, un équipement très spécifique, sur-mesure ou positionné sur un marché étroit sera considéré comme risqué, même si l’entreprise est bénéficiaire.
Plus l’actif est liquide, plus les fonds propres négatifs peuvent être compensés.

2. L’analyse de l’entreprise : la capacité à générer du chiffre d’affaires


Une fois l’actif validé, le financeur examine l’exploitation.

Les fonds propres négatifs sont pris en compte, mais ils ne constituent pas le seul critère. Sont également analysés :

  • la rentabilité actuelle
  • la marge brute
  • la capacité d’autofinancement
  • la stabilité du chiffre d’affaires
  • le carnet de commandes

La logique est simple : le matériel doit produire du cash.

S’il permet :

  • d’accepter davantage de chantiers
  • d’augmenter la capacité de production
  • d’améliorer la marge
  • d’internaliser une sous-traitance coûteuse

alors l’opération peut devenir cohérente, même avec une structure bilancielle fragilisée.

En revanche, un matériel non directement productif ou destiné à un usage non stratégique fragilise fortement le dossier.

3. Crédit-bail bancaire vs location financière : une logique différente


En présence de fonds propres négatifs, le crédit-bail bancaire est rarement accessible.

Les filiales bancaires appliquent des grilles d’analyse proches du crédit classique : ratios de solvabilité, scoring interne, politique de risque groupe. Un niveau de fonds propres insuffisant entraîne fréquemment un refus.

La location financière fonctionne différemment.

Les financeurs d’actifs acceptent un risque bilanciel plus élevé lorsque l’actif est maîtrisable et que la capacité de remboursement est démontrée.

En contrepartie, le coût est plus élevé.
Le taux intègre :

  • le risque structurel de l’entreprise
  • le risque de revente
  • l’absence de garantie bancaire classique

La comparaison ne porte donc pas uniquement sur le taux.

4. Le vrai arbitrage : coût du financement ou création de marge ?


La location financière est généralement plus chère qu’un crédit-bail bancaire.

Mais lorsqu’une banque refuse, la question ne se limite plus au coût du financement.

Elle devient stratégique :

L’entreprise peut-elle continuer à exploiter sans cet équipement ?
Le matériel va-t-il générer une marge suffisante pour absorber son coût ?

Si une machine permet de dégager 7 000 € de marge mensuelle supplémentaire pour un loyer de 2 500 €, l’analyse économique est favorable.

Si en revanche le matériel ne crée pas de chiffre d’affaires additionnel ou n’améliore pas la marge, même un financement accepté peut devenir dangereux.

Le sujet n’est pas seulement l’accord du financeur.
Le sujet est la rentabilité réelle de l’opération.

5. L’apport : un levier déterminant


Avec des fonds propres négatifs, un apport est fréquemment demandé.

Dans la pratique, il se situe généralement entre 10 % et 30 % du montant financé selon :

  • le profil de l’entreprise
  • la liquidité du matériel
  • le niveau de risque perçu

L’apport réduit l’exposition du financeur et démontre l’engagement du dirigeant.

Un dossier sans apport, combiné à des fonds propres négatifs, présente des probabilités d’acceptation nettement plus faibles.

6. Actifs atypiques : quand le fournisseur devient clé


Tous les matériels ne disposent pas d’un marché secondaire structuré.

Machines industrielles spécifiques, équipements sur-mesure ou technologies de niche peuvent être considérés comme atypiques.

Dans ces cas, le financeur ne maîtrise pas toujours la valeur de revente.

Un levier peut alors rendre le dossier finançable : l’engagement du fournisseur.

Certains fournisseurs acceptent de formaliser :

  • une promesse de reprise en cas de défaillance
  • une garantie de valeur minimale
  • un engagement de rachat à échéance

Cet engagement sécurise la sortie du financeur.

Mais tous les fournisseurs n’acceptent pas.

Certains refusent de s’engager sur une valeur future parce qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas suffisamment le marché secondaire.

Si aucun engagement n’est possible et que l’actif est très spécifique, le financement devient nettement plus complexe.

Pour être cohérent, l’échéancier de valeur du matériel doit rester aligné avec le capital restant dû dans le contrat de location financière. Si la décote est plus rapide que l’encours, le risque redevient trop important.

Dans ces dossiers, la structuration nécessite souvent :

  • un apport plus élevé
  • une durée ajustée
  • une validation conjointe fournisseur / financeur

7. Notre approche : analyser la décision avant de structurer le financement


Un dossier peut être finançable techniquement… et pourtant économiquement défavorable.

L’analyse doit porter sur :

  • la marge générée par le matériel
  • la capacité à absorber les loyers
  • l’impact sur le point mort
  • la cohérence entre durée de financement et cycle d’exploitation

La question n’est pas seulement “est-ce que le financeur accepte ?”.

La question est :
est-ce que cette opération améliore réellement la situation de l’entreprise ?

FAQ – Financement matériel et fonds propres négatifs

Peut-on obtenir une location financière avec des fonds propres négatifs ?

Oui, sous conditions. La liquidité du matériel, la capacité à générer du chiffre d’affaires et la présence d’un apport sont déterminantes.

Les banques acceptent-elles ces dossiers en crédit-bail ?

Dans la majorité des cas, les filiales bancaires refusent lorsque les fonds propres sont négatifs, car leur analyse repose principalement sur les ratios bilanciels.

Quel apport est généralement demandé ?

Un apport compris entre 10 % et 30 % est fréquemment requis selon le profil du dossier et le type d’actif financé.

Un matériel atypique peut-il être financé ?

Oui, mais cela dépend souvent de la capacité du fournisseur à s’engager sur une valeur de reprise et de la cohérence entre la décote du matériel et l’échéancier financier.

Comment savoir si le financement est économiquement pertinent ?

Il convient d’analyser la marge additionnelle générée par le matériel et sa capacité à absorber la charge financière. Un financement accepté n’est pas toujours un financement pertinent.

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